Les Saisons

Les Saisons

Maurice Pons

Christian Bourgois

  • 22 avril 2021

    Les saisons, Maurice Pons

    Dans un monde d'après où ne règnent plus que deux saisons, celles des pluies et du "gel bleu", les pérégrinations d'un marginal qui, s'inventant écrivain, et pour fuir une guerre sans fin, trouve refuge dans la montagne au sein d'une communauté rude et archaïque. Un roman culte, longtemps introuvable, âpre et lumineux, au coeur de notre humanité. Indispensable.


  • par (Libraire)
    17 novembre 2020

    Les souffrances de l'inventeur

    " - C'est que, voyez-vous, je suis écrivain... finit-il par avouer, rempli de confusion, d'une voix tremblante et les larmes lui montant aux yeux.
    Et en même temps, il s'efforçait de sourire, et il offrait un visage implorant comme pour signifier : "Ce n'est pas si grave, après tout, regardez-moi, je travaille à mains nues."
    .
    Un homme, cherchant un asile après une vie de souffrances, arrive dans une vallée reculée, soumise à un cycle de saisons particulier : la pluie et le gel. Siméon, c'est son nom, cherche à mettre par écrit les événements qui l'ont abîmés pour redonner un sens à ce monde étrange et le remettre en ordre. Rien de moins que cela. Mais les habitants du village et cet univers impie vont se rappeler douloureusement à lui...
    .
    On ne peut s'empêcher de frissonner physiquement d'effroi et de dégoût devant la descente aux enfers de Siméon. Lui qui voulait purifier le monde, lui rendre sa beauté, le voilà rattraper à son tour par la pourriture peuplant ce monde, pestilence qui le gagnera et signera son démembrement. Avec malice et un sens du grotesque achevé, l'auteur nous campe un aspirant-écrivain empêtré dans son idéalisme messianique, entêtement qui confine à l'aveuglement stupide. Ç'en est magnifique de noirceur, de méchanceté et de cruauté.
    .
    " Je passerai le col, je découvrirai d'autres saisons. Et je serai récompensé. Oui, car permettez-moi de l'affirmer encore, pour tout ce que j'ai enduré ici et ailleurs, je mérite récompense. Et je garde, excusez-moi, en dépit de tout, une espérance dont vous n'avez pas idée. "
    .
    Ce classique, jamais paru en poche, sort pour la première fois dans la collection Titres des éditions Christian Bourgois Éditeur, à la maquette fraîchement refondue. L'occasion d'enrichir votre bibliothèque avec cet astre noir inclassable, qui peuplera votre esprit de scènes remuantes en même temps qu'il donne à réfléchir sur le rôle et les prétentions de l'écrivain.

    Martin

    " - Va falloir encore faire le ménage ! dit-il. Mais on n'en finit pas cette année ! Non, mais qu'est-ce qui se passe ? Que d'événements... que d'événements ! On t'l'avait dit pourtant, petit agneau, on t'l'avait dit... Tu voulais inventer des saisons, du beau temps pour tout le monde... Tu voulais quoi ? Enrichir le monde avec tes monuments, avec tes petits paniers de voyelles et d'consonnes... Et pis quoi encore ?... L'amour au bord des fontaines, des papillons pour les collectionneurs ? Ça s'peut pas, par chez nous... Et je m'suis battu pour toi... Rien à faire... C'est Pourriture qui gagne, et qui fait la loi ! On t'l'avait dit, petit agneau... C'est pas habitable, c'te putain de terre... Laisse-moi dormir. "


  • par (Libraire)
    20 août 2020

    Une lecture envoutante qui désarçonne...

    Suite à vos nombreuses publications et à sa sortie en poche dans la collection Titres des Éditions Christian Bourgois la #lecture de "Les Saisons" de Maurice Pons s’imposait.
    Et comme vous, cette lecture m’a envoûté mais surtout m’interroge : les choix de Siméon, où l’auteur a-t-il trouvé son inspiration (habitants du village, mœurs ...) ai-je ressenti les émotions (dégoût, révolte, surprise, tristesse, interrogations, rire...) voulues par l’auteur... bref quand un livre vous remue et si l’effet perdure, c’est gagné non ?!


  • par (Libraire)
    2 juillet 2020

    A la tombée de la nuit un homme arrive seul dans un village où l'on n'a pas vu d'étranger depuis longtemps. L'accueil est froid et étrange. Dans cette vallée encaissée, dans ce village cerné de rocailles on ne connaît que deux saisons : 40 mois de pluie automnale et 40 mois d'hiver glacial. On ne s'y nourrit que de lentilles, on ne s'y enivre que de liqueurs de lentilles. Les moeurs de la population sont étranges et dérangeants, le café-hôtel où loge Siméon est d'une crasse époustouflante, tenu par la veuve Ham, une femme énorme contenue dans un corset gigantesque. Que cherche Siméon dans ce coin désolé ? Que va-t-il advenir de lui ?
    C'est le genre d'ouvrage qui prenait la poussière dans ma bibliothèque depuis des années, un livre qui m'intriguait et me repoussait à la fois, nimbé d'une légende sulfureuse "un livre atroce, d'une noirceur indicible", mais aussi un livre culte pour beaucoup.
    Fascinant, au sens strict et profond du terme, j'ai été fasciné par cet univers étrange, cet imaginaire puissant, par ces vies glauques, ces scènes où l'on ne sait si l'on doit rire ou pleurer, par cette ambiance d'eau, de boue, de pourriture, de glace ensuite, par cette survie animale, brusque, par cette humanité étrange, si éloignée et pourtant si proche, comme une planète des singes. Le livre a été publié pour la première fois en 1965 chez Julliard, puis repris par Bourgois en 1975, l'édition de poche (10/18, 1984) était depuis longtemps épuisée, c'est un événement littéraire de retrouver ce texte en poche, l'écriture simple et élégante n'a pas pris une ride, si vous n'avez pas peur d'être secoués jetez-vous sur cet étrange livre.
    Recommandé pour les amateurs de littérature américaine crasseuse, de contes cruels, pour ceux qui se plaignent toujours d'avoir un "temps pourri".


  • par (Libraire)
    1 juillet 2020

    Petit préambule aux lignes qui suivent : Parler de ce texte sans en faire un ENCENSEMENT APOLOGIQUE DITHYRAMBIQUE relèverait de l'exploit.
    Irrévérencieux, cru et truculent comme du Rabelais, ce roman en a également la teneur clairvoyante et étrange.
    Une lecture originale et inoubliable !


  • 24 juin 2020

    Le roman culte par excellence !
    Guillaume


  • par (Libraire)
    12 juin 2020

    Je lui parlais du Faust au village de Giono et de cette demi-brigade où se croisent Pauline de Théus et Langlois, il me répondait Ramuz et Maurice Pons. C'est comme ça qu'à la Rochelle j'ai découvert les Saisons. Stéphane Emond est libraire de ce lieu éponyme. Maintenant il est aussi des Halles de Niort. Que sait-on de Maurice Pons ? Que de Virginales Truffaut en a tiré les Mistons, qu'il a tourné chez Pons à Andé une partie de Jules et Jim, et que les Saisons sont son chef-d’œuvre. Chef-d’œuvre, livre culte, Oui !. Un homme arrive dans un village où ne se cultivent que les lentilles. Nourris à ces légumineuses les habitants développent autant de manies et de vices que de pets. Il prend note et c'est biblique !


  • par (Libraire)
    10 juin 2020

    Indépassable

    Quarante ans après sa première publication, voici enfin la parution au format poche d'un livre unique, décisif pour des milliers de lecteurs et de lectrices.Contrairement à bon nombre de romans importants que le temps aura fini par recouvrir d'une couche d'oubli et d'indifférence, "Les saisons" n'a jamais cessé d'être lu, acheté et vanté. Une semaine avant cette sortie en poche, nous en vendions encore un exemplaire. "Les saisons", ce pourrait être un classique si ce n'était pas si moderne, si neuf, année après année.
    Fable intemporelle, extrême et énigmatique, "Les saisons" est un roman qu'on ne peut pas oublier tant il est plein d'images et de sensations prégnantes. Le gel de l'hiver, l'humidité de l'automne, Maurice Pons parvient à nous les faire ressentir dans notre chair.

    Aux côtés de Siméon, qui vient de l'horreur et pour qui tout désormais ne pourra être que meilleur, le lecteur découvre un village étrange, un monde du sensoriel, de la boue et de la sueur, du poil et de la peau. Dans ce maelstrom d'odeur et d'humeurs, c'est une grande littérature qui se construit, sous la plume discrète de Siméon et sous notre œil stupéfait.

    Livre des sens et du sens, "Les saisons", dans la force de l'âge, naît aujourd'hui pour la deuxième fois.