Renata n'importe quoi

Catherine Guérard

Chemin de fer

  • Conseillé par (Libraire)
    24 novembre 2022

    Inclassable !!

    Roman inclassable, nommé au Prix Goncourt 1967, oublié depuis.
    Exaltant, parfois agaçant, il met notre curiosité à l'épreuve : que va devenir cette employée de maison, qui décide, du jour au lendemain de TOUT quitter, de vivre comme une "libre"? "Libre de regarder en l’air quand elle veut". Refus de toute contrainte, de toute aide, de toute case où l'enfermer. Catherine Guérard étonne, bouscule par sa force d'écriture, une seule phrase, ponctuée de virgules et lettres majuscules... Une rivière bouillonnante de révoltes.


  • Conseillé par (Libraire)
    24 janvier 2022

    Être libre un point c'est tout.

    Renata n’importe quoi c’est l’histoire d’une bonne à tout faire qui ne veut plus être commandée, par rien ni par personne, elle quitte alors son emploi avec détermination pour devenir « une libre », elle prend ses affaires, qui tiennent dans quatre paquets et part, pour commencer, à la recherche d’un banc ou s’assoir et écouter les oiseaux.
    Renata n’importe quoi est le monologue de cette femme qui pense beaucoup, sans arrêt et qui cherche dans sa tête les moyens d’être « contente ». Ce roman est une longue phrase sans point, après tout quand on pense il n’y a pas de ponctuation, ça ne s’arrête pas les pensées, elles viennent, s’entassent et se nourrissent d’elles-mêmes.

    Avec elle on va déambuler dans les rues de Paris, zyeuter les vitrines des « beaux magasins », descendre dans le métro pour changer de quartier. Entrer chez les commerçants et y faire quelques emplettes, comme acheter un bout de ficelle pour tenir ses paquets, boire un café, manger une tomate ou encore se faire un cadeau. Cela se fera toujours sous la pression de ses pensées qui tour à tour se font joyeuses, désinvoltes ou, en fraction de seconde, deviennent obsessionnelles et tranchantes. Parfois, prise dans une de ses fureurs on se demande si des démons intérieurs ne commanderaient pas cette femme.

    Puis les pensées ça use aussi, ça fragilise et parfois ça encombre, un peu comme ces paquets portés à bout de bras : « , et mes paquets c’était comme une tristesse que je portais, et c’était comme du noir dans mes pensées, ce n’était plus la liberté, »

    Pourtant cette farouche volonté de rester libre va l’emporter et se radicaliser : « , vous avez tort, elle a dit, on est drôlement bien ici, ils sont gentils, on s’amuse, on a la télé, Mais vous n’êtes pas libres, j’ai dit, alors elle a eu l’air étonnée, Mais si on est libres, elle s’est écriée, on peut sortir quand on veut et en plus ils nous paient pendant qu’on apprend un métier pour qu’on ait déjà une petite somme quand on quitte la maison, L’argent, j’ai dit, c’est lui qui vous commande, alors vous voyez bien que vous n’êtes pas libres, j’ai dit, »
    À cet instant les menottes sont pour nous, cette femme est révolutionnaire, une affranchie, une vraie libre, un point c’est tout.

    Paru en 1967, ça n’a pas été n’importe quoi pour l’autrice, Catherine Guérard, en lice pour le Goncourt, frôlé de peu, il sera finalement attribué à André Pieyre de Mandiargue pour La marge, dont le roman raconte l’histoire d’un homme qui après un choc affectif se retrouve « en marge » de sa vie…

    Catherine Guérard, après la parution de Renata n’importe quoi, comme « en écho au destin de son héroïne » va disparaitre de la vie littéraire, personne ne sait ce qu’elle est devenue.
    Pour en savoir un peu plus sur ce livre et son autrice vous pouvez vous rendre sur le blog de Tilly, vous y retrouverez notamment un extrait de l’émission Du Masque et la plume du 10 décembre 1967.

    https://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2013/04/lu-renata-nimporte-quoi-roman-de-catherine-gu%C3%A9rard.html


  • Conseillé par (Libraire)
    4 novembre 2021

    Détonnant !

    En voilà un texte original ! En lice pour le Goncourt de 1967, ce roman, remis en lumière par les éditions du Chemin de fer, met en scène une jeune femme qui veut atteindre une liberté absolue. Elle quitte tout et s’en va toucher un idéal tantôt avec candeur, tantôt avec pugnacité. Elle nous le raconte au sein d’un long monologue privé de points. Cela est nullement décourageant ! Au contraire, on est saisi par la langue et par ce qu'elle délie. Très chouette !