Nirliit

Nirliit

Juliana Léveillé-Trudel

La Peuplade

  • 2 janvier 2019

    Sur les rives de la baie d’Ungawa au nord du Québec, la narratrice revient à Salluit, un village du nord du Québec, comme chaque été, s’occuper des enfants. Mais cette année, elle ne retrouve pas son amie Éva, assassinée, dont le fjord a englouti le corps.

    En s’adressant à son amie, elle dit tout son amour pour cette région, son attachement à cette nature et à ses habitants. La narratrice ne peut que se demander en voyant les enfants dont elle s’occupe ce qu’ils deviendront dans quelques années. Parce qu’il y a les fléaux modernes, les violence faites aux femmes et la fin de l’innocence qui arrive souvent bien trop vite chez les enfants. Bien sûr, elle n’est pas la seule blanche à venir mais son amour pour cette région est sincère.
    Avec ce cri du cœur pour le Grand Nord, l'auteure évoque les décisions (économiques et politiques) et décrit l'importation d'une culture qui a modifié le mode de vie des Inuits. Son propre désarroi et ses questionnements se font sentir et c'est poignant. Un portrait réaliste où la beauté, la dureté et une sorte de résignation se mêlent, sans rendre ce livre plombant.

    De l’attachement viscéral de la narratrice aux constats âpres qui pointent du doigt les contradictions, j’ai frôlé de peu le coup de cœur (oui !) tant j’ai été remuée par cette écriture et par le contenu (j’ai juste trouvé que la deuxième partie, consacrée au fils d’Éva était moins puissante). Sans fard ni pathos mais avec une justesse qui touche le cœur et l'âme, il s'agit d'une lecture très forte qui laisse des traces durables.

    "Votre maison ne vous appartient pas. Votre terrain non plus. Tout ça vous est gracieusement prêté par le gouvernement. N'est-ce pas qu'on est fins ? On vous pique votre territoire, mais on vous le prête après. Est-ce pour ça que vous avez tellement besoin de posséder ? Des motoneiges, des bateaux, des quads, des camions pour faire le tour d'un village de quatre rues. Pour vous échapper de vos maisons surpeuplées où vous vivez les uns sur les autres. Vous manquez d'espace dans votre immensité nordique. Comment ça se fait que toute cette richesse ressemble tellement au tiers-monde ?"


  • par (Libraire)
    15 novembre 2018

    Magnifique récit, fascinant, une découverte !


  • par (Libraire)
    21 octobre 2018

    La narratrice revient dans le grand nord canadien à Salluit s'occuper des enfants inuits comme tous les étés. Mais cette fois-ci la jeune femme ne retrouve pas son amie inuit Eva. Elle a disparu, jetée dans les eaux du fjord par un meurtrier non arrêté. Elle lui manque terriblement et lui confie ses pensées. Désoeuvrés, les Inuits s'abrutissent d'alcool mais aussi de drogues dévastatrices. L'ivresse est cause de bagarres, d'accidents, d'abus de toutes sortes...L'ennui, le sentiment de déchéance,l'isolement et sans doute aussi la lumière permanente des mois d'été attisent les sentiments amoureux et les pulsions sexuelles, les suicides.
    Juliana Léveillé-Trudel décrit un univers sombre, brutal et impitoyable dans une écriture rude, âpre, crue...un cri d'amour et de détresse pour ce peuple en voie de disparition.


  • par (Libraire)
    28 août 2018

    Une lecture bouleversante, un choc et une découverte ; celle du Nunavik région arctique composée de lacs sculptés par des glaciers, peuplée de caribous dans la toundra.
    Découverte des Inuits, de la dureté de l'existence, de ces vies aux allures de tragédies shakespeariennes.
    "Nirliit" est un livre essentiel et un témoignage rare !


  • par (Libraire)
    8 août 2018

    Au Québec, une femme revient dans le village où a vécu sa meilleure amie, récemment victime d'un féminicide. C'est l'occasion pour l'autrice de dénoncer ce que subit le peuple inuit au Canada depuis plus d'un siècle. Le sujet est dur, parfois glaçant, mais nécessaire et porté par une écriture incroyablement sensible. Un roman qui ne s'oublie pas de sitôt !