Glaise

Manufacture de livres

20,90
par (Libraire)
22 septembre 2017

Roman d’amour, d’orages et de violences

La terre, la vie rude des hommes qui la travaillent, la lourdeur insidieuse des jours… voilà bien le cœur des romans démoniaques de Franck Bouysse. Pour le lecteur fidèle, pas de lassitude pour autant ! Avec « Glaise », les retrouvailles sont agrémentées de sel et de piment plus encore.

L’orage gronde en ce mois d’août 1914. Les hommes valides rejoignent le front. Au cœur du Cantal, un village voit son quotidien bouleversé. Joseph a quinze ans, il doit remplacer son père à la ferme. Il sera aidé par le vieux Léonard, mais voir partir son père est un choc. Il le sait, son univers sera désormais « amputé de la part tendre de l’enfance ».
Le voisin Valette est handicapé d’une main, c’est son fils Eugène qui part. Il en est humilié. Il recueille pour un temps sa belle-sœur et sa nièce, mais l’arrivée des deux citadines ravive de vieilles rancunes. Des mondes différents se confrontent, que la guerre va définitivement faire exploser.
Le conflit mondial est loin, mais, par petites touches, -un courrier, une permission annulée, l’annonce d’un décès, la perquisition des vaches,- il accompagne la tension qui enfle. Chaque chapitre nous le rappelle, qui débute par un plan serré, scène ou paysage du quotidien, et qui s’achève comme un couvercle violemment posé sur la marmite bouillante.

Joseph aime sculpter la terre glaise qu’il récupère dans les champs : il malaxe la matière collante et lourde, tout en contant ses émotions, son espoir de revoir le père, sa fierté grandissante, son assurance de créateur amoureux. Il pétrit ce monde, comme Franck Bouysse cisèle l’ample vocabulaire poétique de ce roman noir.

Quel coup de poing ! Roman d’amour, d’orages et de violences, « Glaise » regorge de la recherche de sérénité : l’un sait la trouver, l’autre ne peut que s’en cacher derrière la haine, un troisième sait l’avoir perdue à jamais.

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